Homo Réunionicus i kass kabar. (Lù commence.)
- top top ! stop un coup là ! ah, ou veut mi cause.
(Silence dans mon kabar)
Homo Réunionicus : A cause ? Dan’n temps Véli t’est lève onze heur, ou té fine levé po voir ? Aou, ou na un figure homo bourbonicus, mi crois.
(Lù ri).
Equelle sensation i bouge bouge aou dann l’odeur la puanteur bann homo gafourné. Dan’n gafourn là, navé la cochonc’té. Fais sat ou veut, fon’n-quête aou comm ou veut, amoin oui mi préfère la modernité. Ça, mon z’histoire ça ! Oui, z’effort moin la fine fait. Moin la gaingn « zéfor » po fait. Mi travaille dur, mi fait l’z’esclave po monsieur i paye amoin chaque fin’n mois. Moin la rent’ ti l’école, moin la pas sorte dan’n grand l’école. Moin nana mon l’appart’ment. Moin na l’auto i souffl’ l’air plù bandé coup’d’vent gros temps. Po moin, n’assez.
Oui, cronm aou rabateau, moin mi préfère mac do. Monte aou dit fon’n-cœur là haut Bras-d-Pontho, amoin mon cœur côté San Antonio. Mi rêve fait comm’Tony. Mi connaît alù par cœur.
Oui, merci Paulo la rouv’ la route Tamarins. En plus’que ça, i gaingn amène ça en F1. Grand matin, mi lève huit heur’, neuv’ heur’ pile moin l’est là. Mais bombarde mounoir, hein ! ahahahaha, mais au fait …
Mais si moin l’est un homo reunionicus comm’ ou dis, un coulou la pas rent’ dann out l’école là, la pas comprenn out z’histoire, le z’histoire, bann z’histoire, toute z’histoire …
Si moin l’est comm’ ou dis un homo reunionicus, mi taque la clé mon bouche dann kabar, mi amène la fête po raison mi majine pas la puissance nana dan’n le mot kabar …
Si homo reunionicus mi l’est, et ce-manquer l’est vrai homo reunionicus mi l’est (moin na point moyen consteter), mais quoça ou l’est ou ? ouça ou sorte ? ouça ou la parti ?
Ici, La Rénion, na point l’autoroute, mais nana l’auto. Quoça ou veut ? mi batte à pied ?
Ici, la Rénion, nana le câb’, parabole fine dépassé. Mi garde télé sù mon portab’, même fanm tounù si mi veut. Quoça ou veut ? un post’ NB po mi veille Gilles Mallet.
Ici La Rénion, oui ce-manquer comm’ toute bann homo reunionicus nous rêve grand grand pays dehors.
Aou ce-manquer ou rêve la France, ou crois moin lé San Antonio, mon tête la po voyage Dubaï aprésa Mexico.
Equel côté ou rest’ ? Toulouse en France là bas, ou tire défaut dessus out ntion. Out madame là, ça i sorte La Rénion davoir ? dis amoin don ! ou dis amoin porte attention l’odeur nout listoir à cause risquab’ nout kër va v’nir blanc.
Moin lé pas jugulé èc z’histoire là. Noir blan n’importe équelle couleur i ravage pas mon l’esprit, mon cœur. Mais comm’ou cause dessus ban’n cœur blanc, moin s’rait à d’mander équelle couleur i batte dan’n out cœur ?
…
Oui n’importe équelle couleur i ravage pas mon couleur. Oui, mi rode pas z’histoire longtemps. Oui, oté mi crie papa le maire et si lù l’est pas là mi crie Ti Pierre. Oui, mi veut tète le dernier p’ti goutte de lait sù tété plate moman la France. Oui alors, mi fait mon radio percal , moin la fine vend’ mon ban’n ladilafé, moin la fine fane commérage dan’n la cour untel. Oui, moin s’rait prêt appelle la loi po dégage un peu Comore i fatigue mon patience (parcequé n’importe équelle couleur, mais sate là, ou comprends, zot manière, sinon le rest’ là ça i ravage pas mon l’esprit, mon cœur, mon couleur). Oui, ou na raison, mi fais pas un cas èc question l’identité. Moin té connaît moin t’est rénionnais. Mais si ou dis moin l’est homo reunionicus, ce-manquer l’est vrai. Mais mi peux pas croire ou tomb’ z’enfant bann homo gafourné ? ou même, quiça ou l’est ?
Willy Jean Patrick Techer : moin lé moin mèm. Moin lé kom ou. Moin lé ou ? An Franss, ou na rézon. Mon fami, La Rénion. Kisa mi lé ? in kréol la shap la bann. Moin té pa le premié, moin sora pa le dernié. Somanké ou na rézon. Mon kër na la koulër mon lespoir, mon majinasion. Moin lé zanfan 2 moune, 2 homo reunionicus. Parlfèt, amoin mèm, mi devré tombé homo reunionicus, si mi suiv mon kozman.
H.R : non homo reunionicus, amoin ça. Aou, quiça ou l’est ?
WJPT : Willy Jean Patrick Techer, né le
H.R : top top top. Moin c’est pas la loi. Moin c’est homo reunionicus. Moin sate mi veut connaît, c’est à cause ou majine tousala, monsieur Willy Jean Patrick Techer. Dis amoin : ou veux trouve l’odeur l’histoire ? Mais l’histoire, ça na point l’odeur. Na point ça. Alorss, comm’ ça ou veux sentir l’odeur i ramène aou dan’n temps margose ? na point ça. Par cont’, si ou veux mi raconte aou z’histoire z’esclave, moin la pas besoin d’êt’ Saint-Thomas po voir bon peu. Z’histoire z’esclave là, grand matin encore n’avait sous mes yeux. Aou, s’lon moin, ou i aime regarde derrière. Par l’fait, ce-manquer ou connaît pas z’histoire z’esclave nana coméla. Ou dis : le peup’, le peup’, mais le peup’ i garde pas l’identité son racine, la pas ça i ogarde alù. Son z’yeux lù lève po guette si na ban’n fruit en l’air. Calcule aou, s’peup’ là. I pense rien qu’son l’argent, i arrive, i ça va. Aou ou bataille po l’histoire na derrière. Amoin mi bataille po z’indemnités, et si par ici n’aurait un bon salaire, béquez ! ou cause pù quoé ?
(WJPT i ékout i di pa rien i koz pù)
H.R i kontinùé : Par l’fait, ou c’est un l’agitateur l’identitaire. Amoin, mon colère i monte, dès qu’en l’air i rode vole mon salaire. Mon l’identité lé placé tel place, en raison mon niveau sù l’échelle sociale. Ou l’est bloqué dan l’code noir ; ou l’est tracassé quand ou majine ban’n coolie l’arrivait po remplace z’esclave grand famille la libéré. Out cœur i saingn dès qu’ou entenn l’ordonnance Debré. Out papa, équel travail i fait ?
WJPT : Mason, moman bone nénène.
H.R i lèv i koz for : mais z’esclave out papa. Out moman, mèm blan, lé noir de case. Pot zot i faut bataille. Demann azoté quelle saveur na dan zot l’histoire ?
(aprésa homo reunionicus asiz)
(silans)
E sùbit d’in kour, H.R énervé i di : et souvent des fois, quand mi cause pas, mi pense comm’ça même, hein !
(fin de l’intervention de Homo Reunionicus … fin de la scène 1 de l’acte 1)
…
Acte 1, scène 2 ( le fantôme de Marx s’invite dans la discussion)
Le fantôme de Karl Marx : homo reunionicus est donc conscient. Il ne s’associe pas à un groupe identitaire spécifique. Il est de toutes les nations, à quelque exception près. Il se sait homme blanc et même noir il le sait, idéalise la modernité, se voit européen allons donc, conscient non des questions identitaires, mais des luttes sociales à mener. Je dis déni de soi peut-être, mais je dis qu’une quête identitaire dérive souvent vers la lutte de race et in fine vers un fascisme, eut-il été inconscient ? Je dis que les conditions de vie, les conditions donc matérielles d’existence des hommes à travers la terre, déterminent même le contenu de leur conscience. Ne réveillons donc pas les âmes errantes de l’histoire. Interrogeons seulement les petites classes asservies, vendant leur force de travail à moindre coût. Il ne s’agit que de classes sociales, voilà tout.
Le fantôme de Frantz Fanon : L’homme blanc a dit. Qu’il en soit ainsi.
(homo gafourné entre dans le rond un bref instant)
Homo gafourné dans une langue inconnue : kita wimba oulka loukala, broud ut ?
Anecdote relevée par l’auteur : toute demoune la tonm dakor.















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